Eléments du métabolisme des adipocytes

Thierry VERSON t.verson@free.fr

Les adipocytes stockent et déstockent essentiellement des triglycérides représentant 85% du tissu gras. Le tissu gras contient aussi 10% d'eau et 5% de matières sèches non lipidiques.

+ Les triglycérides sont composés d'une molécule de glycérol couplée avec trois chaînes d'acides gras.

Les triglycérides sont dégradés dans la lumière du tube intestinal, ce qui leur permet de franchir la muqueuse intestinale. Ils sont ensuite resynthétisés dans la paroie du grêle en triglycérides, puis par voie lymphatique rejoignent la circulation générale. La lipoprotéine-lipase de l'adipocyte les dégrade à nouveau en glycérol et acides gras libres pour être à nouveau resynthétisés en triglycérides à l'intérieur de l'adipocyte.

+ Les acides gras proviennent des lipoprotéines circulant dans le sang et sont captés au niveau de la membrane adipocytaire par la lipoprotéine-lipase. La lipoprotéine-lipase est activée par la suralimentation et freinée par la sous-alimentation.

Les acides gras sont aussi synthétisés par les adipocytes à partir du glucose et du pyruvate

+ L'insuline tient un rôle essentiel dans la liposynthèse. En son absence aucune pénétration de glucose ne se fait dans la cellule. Le nombre de sites récepteurs de l'insuline peut varier de 10000 à 50000 par cellules en fonction de la localisation et du sexe. Ces sites sont augmentés par un régime riche en hydrate de carbone et diminués par le nombre de repas quotidiens.

+ La prostaglandine et les œstrogènes à petites doses stimulent la lipogenèse. Les oestrogènes entrainent de plus une rétention hydro-saline.

+ L'hyperglycémie accélère la lipogenèse et diminue la libération des acides gras non esthérifiés (lipolyse), l'hypoglycémie joue le rôle inverse.

+ La lipolyse ou mobilisation des graisses de réserve se fait grâce à la triglycéride-lipase. Cette enzyme décompose les triglycérides en acides gras non esthèrifiés et en glycérol. Les acides gras ainsi produits sont expulsés de la cellule à moins de trouver sur place un excès de glucose et reformer des triglycérides. Par contre le glycérol libéré ne peut plus être utilisé. Il est capté par le foie qui le remétabolise en glucose (néoglucogenèse).

Les acides gras non esthèrifiés (AGNE) sont immédiatement captés par les muscles dans un but énergétique, si le processus d'activité du muscle à ce moment est un processus aérobique. Ils peuvent également être captés par les hépatocytes pour entrer dans le cycle de Krebs, être intégrés au remétabolisme des triglycérides ou être convertis en corps cétoniques et excrétés, essentiellement lors des régimes hypo-glucidiques ou lors d'un jeûne prolongé. Ce phénomène est heureusement auto-régulé, car une production de corps cétoniques trop abondante entrainerait une cétose et la mort.

La stimulation du sympathique active la lipolyse, sa section ou la stimulation du para-sympathique l'inhibe. L'adrénaline et la neuro-adrénaline sont lipolytiques.

 

Les actes thérapeutiques lipolytiques

Œ Le massage défibrosant:

Les cellules graisseuses s'amassent naturellement dans des zones génétiquement prédisposées. Notre vie sédentaire, ne nous permet pas de déstocker suffisamment ces graisses, et la lipolyse, mécanisme d'utilisation ou de libération des graisses, cesse progressivement son activité. Les adipocytes peuvent alors grossir, et s'agglutiner en un magma qui compresse le circuit sanguin et lymphatique destiné à les évacuer.

Le praticien doit donc intervenir manuellement pour défragmenter ce magma et ainsi rétablir la circulation et les échanges assurant la lipolyse.

Le massage défibrosant transforme la cellulite compacte en cellulite molle et permet ainsi de pratiquer l'électro-lipolyse de manière indolore sur des tissus défibrosés; il libère les voies lymphatiques d'excrétion des acides gras et des toxines.

Si le massage défibrosant est indispensable, et permet de perdre quasi immédiatement un petit peu de masse grasse par régulation, il est néanmoins insuffisant. L'amélioration des échanges et de la qualité des tissus ne peut suffire à éliminer la surcharge graisseuse, qui ne peut être consommée que par les fibres motrices lentes.

 L'électro-lipolyse:

L'électro-lipolyse est une technique de stimulation électrique des adipocytes. Sous l'action du champ électrique créé, les adipocytes réactivent leurs échanges et se vident de leur contenu. Néanmoins, il faut convenir que réalisé par des électrodes cet effet est nul et minime quand il est réalisé par des aiguilles; il ne peut à lui seul procurer une diminution de la masse grasse.

¨ La lipolyse à aiguilles avec un courant impulsionnel polarisé entraîne en sus une brûlure chimique des adipocytes au contact de l'aiguille. Les adipocytes lysés n'ayant pas la faculté de se réparer ou d'être remplacés, ils sont éliminés et diminuent ainsi la masse grasse.

Ž Le drainage lymphatique:

Le drainage lymphatique permet de résorber les graisses et les déchets de la lipolyse par drainage vers les circuits naturels d'élimination. La voie lymphatique transporte les acides gras libérés par la lipolyse au sang; ces acides gras sont ensuite dirigés par le système circulatoire vers les muscles consommateurs d'énergie pour y être utilisés. En cas de non-utilisation, les acides gras sont restockés en triglycérides dans des adipocytes. C'est à dire que l'électro-lipolyse peut déstocker des acides gras abdominaux qui seront restockés sur les hanches si ils ne sont pas consommés par les fibres motrices lentes.

 

 Electro-stimulation aérobique des fibres lentes:

Le travail le plus efficace utilise l'électro-stimulation des fibres g pour solliciter progressivement de manière synchrone réflexe et volontaire les fibres lentes a . En mettant en jeu à chaque contraction, un maximum de fibres nous diminuons le temps nécessaire à un travail aérobique performant et nous augmentons les dépenses énergétiques.

 

 Stimulation anaérobique des fibres rapides:

§ Il faut ensuite remplacer le tissu graisseux par un tissu musculaire. Par ses pompages, ce tissu musculaire éliminera les acides gras circulants avant qu'ils ne puissent s'amasser dans les adipocytes. On notera que les localisations féminines de la graisse se situent sur des territoires faiblement musclés ou atrophiés (pelvi-trochantériens, vastes, fesses, abdominaux)…

 

La diététique:

ª Un suivi diététique adapté au patient permet de rationnaliser les besoins alimentaires de la manière la plus agréable possible, afin de réduire les apports de nouvelles molécules de gras. Sauf pathologie, nécessitant impérativement un médecin nutritionniste, le régime classique de l'obésité commune sera légèrement hypo-glucidique, hypo-lipidique, éventuellement légèrement sur-protéiné et toujours remarquablement équilibré. Ce régime ne devra jamais être hypo-calorique ou aglucidique ou alipidique, ni carencé, sous peine d'échec et de prise de poids rebond et récalcitrante.

  Le cardio-training:

Sachant que le cœur est le plus gros consommateur de gras du fait d'un plus grand nombre de mitochondries et que le cœur est sollicité pour apporter du sang aux muscles, il est facile de comprendre l'intérêt de faire travailler des gros muscles consommateurs d'acides gras comme les quadriceps et les fessiers, de manière à ce qu'ils sollicitent un travail du cœur. Néanmoins, pour utiliser un maximum d'acides gras comme carburant, l'exercice doit être basé sur le rythme cardiaque.

Le travail par rapport à une fréquence cardiaque maximale d'après l'âge ne tient pas compte de la fréquence cardiaque de repos souvent haute chez des sédentaires, et la zone de travail est donc imprécise. L'idéal est d'appliquer le calcul suivant:

La fréquence cardiaque cible (FCC) est basée sur un % de la réserve de fréquence [fréquence cardiaque maximale (220 - âge ± 10) - fréquence cardiaque de repos] ajouté à la fréquence cardiaque de repos. Ce % varie entre 50 et 70% en fonction du degré d'entraînement du sujet.

Exemple: un homme sédentaire sans entraînement de 50 ans ayant une fréquence de base de 90 devra faire un exercice sur une fréquence cardiaque cible de

220 - 50 = 170 (fréquence maximale) - 90 (fréquence de repos) = 80 réserve de fréquence

50% de 80 (fréquence de réserve) = 40 + 90 (fréquence de repos) = 130 (fréquence cible)

La durée d'un entraînement aérobie (avec oxygène) doit être de 3 séances minimum de 30 minutes au moins par semaine.

 

Conclusion:

Le succès des traitements de réduction des dystrophies graisseuses, réside dans une parfaite connaissance de la physiologie et dans une utilisation synchrone des différentes techniques. Tout recours à une méthode ou à un produit miracle est contraire à la physiologie du tissu adipeux et voué à l’échec.